Dans cette rubrique, vous trouverez :
Une brève histoire du livre
Les erreurs à éviter
Les procédures les plus fréquentes, éditeur par éditeur
Une liste d'éditeurs par ligne éditoriale.
Pour ou contre le "compte d'auteur" ?
Brève histoire du livre et de l'édition en
France. Art ou industrie ? Quel
futur envisager au mode de l’expression écrite ?
Toute la gloire, comme tout le
malheur, de cet objet qu’on appelle « le livre » vient de sa double
polarité. Relié à la main, objet de création artistique et parfois de vénération, il va devenir au fil du XIX° siècle, objet
de production de masse grâce aux avancées de la technique. Ce qui était un produit d’art et d’artisans, tant au
niveau du contenant que du contenu, va devenir un multi-produit de
consommation courante en ce début du XIX° siècle.Nous retenons trois titres de l’importante bibliographie existant sur le sujet.
Tout d’abord la véritable "somme historique" de Roger Chartier et H-J. Martin publiée chez Fayard et intitulée « Histoire de l'édition française » en 4 tomes. Il suffit d’énoncer les quatre titres pour tracer la problématique du sujet :
·
Tome 1 : Le Livre conquérant,
·
Tome 2 : Le Livre triomphant,
·
Tome 3 : Le Temps des éditeurs,
·
Tome 4 : Le Livre concurrencé.
Pour ceux qui souhaitent une vue
plus synthétique et plus axée sur l’époque contemporaine, il semble préférable
de s’en remettre à Elisabeth Parinet qui enseigne l'histoire du livre à l'Ecole
nationale des Chartes et qui a commis «Une
Histoire de l’édition à l’époque contemporaine », coll. Points
Histoire.Voici la quatrième de couverture de son ouvrage :
C'est au milieu du
XIXe siècle avec la croissance de l'alphabétisation qu'apparait la deuxième
révolution du livre. L'édition devient industrielle et la production en volumes
est multipliée par vingt en un siècle : le livre est entré dans l'ère de la
consommation de masse. L'ouvrage analyse cette révolution qui va des prémices
(à la fin de l'Ancien Régime) aux derniers développements contemporains, quand
l'éditeur devient un acteur important de la vie culturelle. A travers quelques
portraits (Ernest Flammarion, Pierre Larousse, les frères Garnier...), l'auteur
retrace l'histoire des grandes maisons d'édition alors que ce secteur est
aujourd'hui marqué par la fin des familles. Elle montre combien ce milieu est
en perpétuel renouvèlement affirmant jusqu'à nos jours une formidable vitalité
qui contredit une image d'immobilisme et de conservatisme. Elle retrace deux
cents ans de bouleversements.
Si l’étude historique est satisfaisante, pour qui cherche un tableau des faits ayant jalonnés la vie du milieu éditorial
dans l’histoire récente, il manque néanmoins une étude prospective incluant les
éléments d'histoire de ce début de XIX° siècle. Chacun devra donc s’en
remettre à sa propre réflexion pour tenter d’appréhender le futur de la profession.
[1]
Cependant, si vous ne craignez
pas l’étiquette d’éditions « underground »
souvent accolée au nom de son éditeur[2]
reportez vous à l’incontournable et mémorable livre d’André Schiffrin. Il vous
fera toucher du doigt le drame « cosmique »
-je n’ai pas dit comique- dans lequel
évolue l’édition en ce début de millénaire. Vous aurez entre les mains, l’analyse
d’un vrai professionnel qui vous étonnera par
sa profondeur et sa finesse. Paru en 2001, «L’édition
sans éditeurs » fait un état des lieux précis et sans concession de la
profession. Ce tout petit livre tracera la voie des actions à mener à tous ceux
qui veulent encore espérer un avenir créatif et artisanal aux métiers d’éditeur,
de libraire, d’auteur et peut être et surtout de… lecteur!
Suite à venir... en chantier...
[1]
Axé sur le moment charnière de l’évolution de l’édition française, le
XIXe siècle, l’ouvrage est plus rapide sur le XXe siècle, ce qui laisse
quelques regrets, à porter au compte des contraintes éditoriales de la
collection (maximum de 500 pages très denses) : on aurait aimé que le tableau
nuancé de l’évolution de la chaîne du livre face à l’émergence de la Toile soit
plus nourri, ainsi que l’évolution du rôle des instances corporatives de
l’ensemble de la chaîne du livre ou encore le poids économique du livre face
aux autres médias. De la même manière, une analyse aussi pénétrante de
l’évolution de l’édition française sur deux siècles eût gagné à une comparaison
approfondie avec d’autres exemples européens : on songe à l’Allemagne mais
aussi à la Grande-Bretagne. Ce sont des sujets qu’on souhaite à É. Parinet de
pouvoir développer avec le même talent que cette fresque passionnante consacrée
à la deuxième révolution du livre, dont l’intérêt excède le cadre d’une
collection de synthèse. Mettre ainsi en appétit attise la gourmandise du
lecteur !
Extrait de : http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2005-02-0116-007
[2] http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/L-edition-sans-editeurs.html
